09Avr

Le Sommet mondial sur le handicap (GDS) 2025, tenu à Berlin les 2 et 3 avril, a présenté un programme dynamique célébrant l’innovation et renforçant les engagements mondiaux en faveur des droits des personnes en situation de handicap. S’appuyant sur les réussites des précédents sommets (GDS 2018 et GDS 2022), l’édition de cette année a été coorganisée par les gouvernements de l’Allemagne et de la Jordanie, aux côtés du coorganisateur permanent, l’International Disability Alliance (IDA). Ce mécanisme mondial remarquable continue de mobiliser les efforts pour parvenir à l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le monde entier.

Dans un monde de plus en plus divisé, où les avancées en matière de droits des personnes en situation de handicap et d’inclusion au sens large subissent d’importants reculs, le GDS 2025 est intervenu à un moment charnière. Il a réuni des parties prenantes de secteurs et de pays divers, en favorisant un cadre propice au partage d’enseignements, de bonnes pratiques et de stratégies pour faire progresser l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Temps forts du GDS 2025

  1. 15 Percent x the 15 Percent : Un engagement mondial historique a été pris afin de garantir qu’au moins 15 % des programmes de développement international accordent la priorité à l’inclusion des personnes en situation de handicap. Cet objectif ambitieux reflète les quelque 15 % de la population mondiale vivant avec un handicap — un groupe minoritaire historiquement laissé pour compte.
  1. Lutter contre la discrimination et les violations des droits humains : À l’échelle mondiale, les personnes en situation de handicap ont 30 % de chances en moins d’obtenir un emploi, avec des écarts encore plus marqués chez les jeunes, deux fois plus susceptibles d’être exclus de l’éducation et des opportunités professionnelles. L’accès limité aux soins de santé, à la participation politique et culturelle, aux mesures de sécurité en période de conflit et à la préparation aux catastrophes naturelles aggrave encore les inégalités. Parvenir à une inclusion réelle exige plus que des politiques : cela requiert un changement culturel et des efforts coordonnés entre des parties prenantes diverses.
  1. Intégrer le handicap : L’intégration de l’inclusion des personnes en situation de handicap suppose d’en faire une priorité politique au niveau national, ouvrant la voie à des partenariats internationaux solides. Les principaux engagements comprenaient :
  • La Banque de développement des Caraïbes (CDB) s’est engagée à intégrer les enjeux liés au handicap dans ses projets et ses politiques, afin de favoriser un développement inclusif dans les Caraïbes.
  • Le chancelier allemand Olaf Scholz a réaffirmé l’engagement de l’Allemagne en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap, en annonçant une initiative conjointe avec la Jordanie pour promouvoir une éducation inclusive.
  • Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni a lancé, via le programme AT2030, un véhicule d’investissement dans les technologies d’assistance, visant à lever 60 millions de dollars d’ici 2026.
  1. Les données, pierre angulaire du progrès : Les données sont indispensables pour instaurer une culture du développement inclusive du handicap. Des recensements nationaux précis de la population et du logement, ainsi que des enquêtes auprès des ménages, sont essentiels pour identifier les besoins des personnes en situation de handicap et mettre en œuvre des solutions adaptées. À la suite de son engagement pris lors du GDS 2018, le Groupe de la Banque mondiale (WBG) a lancé le Disability Data Hub (DDH), une initiative d’open data donnant accès à des données de développement ventilées selon le handicap. La plateforme DDH propose des analyses comparables à partir de multiples sources de données, des outils d’analyse pour les utilisateurs et des ressources pour faire progresser les connaissances sur les données relatives au handicap. Parallèlement au DDH, le Global Disability Inclusion Report vise à améliorer la qualité et l’étendue des données, en répondant à des défis persistants tels que la désinformation, le manque d’interventions fondées sur des preuves et la ventilation des données.
  1. Combler le déficit de financement : Le GDS 2025 a souligné l’urgence de combler le déficit annuel de financement de 4 000 milliards de dollars pour le développement durable, qui inclut l’inclusion des personnes en situation de handicap. Les échanges ont mis l’accent sur des réformes systémiques des systèmes financiers mondiaux afin de mobiliser efficacement les ressources. Les points clés comprenaient :
  • Réformer les banques multilatérales de développement (BMD) : élargir les prêts concessionnels et les instruments financiers innovants.
  • Mobilisation du secteur privé : attirer les investissements privés grâce à des mécanismes renforcés de partage des risques.
  • Climat et inclusion du handicap : promouvoir des approches intégrées pour traiter simultanément la résilience climatique et les droits des personnes en situation de handicap.

Une déclaration historique

Le sommet s’est conclu par l’adoption de la Déclaration d’Amman-Berlin sur l’inclusion mondiale du handicap. Cette déclaration transformatrice souligne des engagements forts en faveur d’une coopération internationale au développement et d’actions humanitaires inclusives du handicap. Approuvée par plus de 80 gouvernements nationaux, des organisations régionales, des agences des Nations unies, ainsi que des banques et fonds de développement, elle constitue un puissant catalyseur d’actions significatives et responsables pour faire respecter les droits des personnes en situation de handicap dans le monde entier.

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