01Sep

L’infrastructure est l’aspect le plus courant auquel nous avons tendance à penser lorsque nous parlons d’accessibilité.

Cependant, l’accessibilité est un concept global qui englobe de nombreux autres aspects qui, malheureusement, sont souvent négligés.

Les interactions sociales entre les personnes en situation de handicap et les personnes valides constituent certainement l’un des aspects souvent négligés. Pourtant, rendre notre société véritablement inclusive ne se limite pas à l’accessibilité des services généraux (par exemple, les transports publics, les lieux publics, etc.). Il s’agit également de l’accessibilité de la camaraderie et des contacts sociaux.

En effet, les stéréotypes, la stigmatisation et les préjugés font souvent de la socialisation une perspective difficile.

Voyons comment et pourquoi les interactions sociales peuvent parfois s’avérer frustrantes et/ou « infructueuses » pour les personnes en situation de handicap.

L’attitude sociale comme barrière à la vie sociale

En examinant la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), il est intéressant de noter comment la définition du handicap dépasse la simple condition de déficience cognitive, physique, intellectuelle ou sensorielle.

En fait, le handicap est compris comme un concept évolutif qui « résulte de l’interaction entre des personnes présentant des incapacités et les barrières comportementales et environnementales qui font obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».

Mais quelles sont précisément ces barrières ?

L’Organisation des Nations Unies (ONU) reconnaît l’existence de certains obstacles spécifiques que les personnes en situation de handicap rencontrent habituellement. Parmi ces obstacles, certains résultent de :

  • l’environnement physique
  • la législation
  • la politique
  • les attitudes sociétales
  • la communication.

Une attention particulière portée aux attitudes sociétales peut mettre en lumière les barrières suivantes :

  • les stéréotypes
  • les préjugés
  • la stigmatisation.

Ces formes négatives d’attitudes sociétales résultent facilement de la désinformation et des idées fausses, décourageant une pleine participation des personnes en situation de handicap à la société.

Cependant, il est fondamental de mentionner que les attitudes négatives des gens envers le handicap ne résultent pas toujours de calculs conscients. En fait, dans la plupart des cas, il s’agit simplement de réactions irréfléchies, suggérant que certains comportements ou réactions sont simplement obscurcis par un ensemble de présupposés préexistants.

En d’autres termes, un mélange de désinformation et de stéréotypes intériorisés peut rendre la socialisation quelque peu difficile pour les personnes en situation de handicap.

Voyons plus précisément pourquoi ce type de barrières a un impact sur la participation sociale des personnes handicapées.

Interactions sociales

Dans la plupart des cas, l’attitude sociétale en tant que barrière pour les personnes en situation de handicap se manifeste lors des premières rencontres. Par exemple, il peut s’agir d’entretiens d’embauche, de rencontres avec des amis d’amis, de rencontres en personne avec des gens contactés sur des plateformes en ligne, etc.

Cependant, ce type de barrière peut manifestement réapparaître dans une grande variété d’occasions.

Afin de bien comprendre ces interactions, il est nécessaire de considérer deux perspectives différentes. D’une part, il y a la perspective des personnes valides et, d’autre part, celle des personnes en situation de handicap.

Toutefois, un point commun à ces deux perspectives est, dans la plupart des cas, un sentiment de malaise.

D’un côté, ce sentiment de malaise peut résulter d’une « peur de l’inconnu ».

Les personnes valides peuvent commencer à se demander :

« Comment suis-je censé me comporter ?

Dois-je les aider ? Comment dois-je les aider ?

Quels mots suis-je autorisé à utiliser et lesquels seront au contraire considérés comme offensants ? ».

Clairement, toutes ces questions sont totalement légitimes et, dans la plupart des cas, les personnes valides feront de leur mieux pour faire face à cette situation spécifique.

Cependant, toutes ces questions sans réponse peuvent facilement mener à des interactions sociales désagréables des deux côtés.

En effet, d’un autre côté, les personnes en situation de handicap sont parfaitement conscientes de ce sentiment de malaise. Elles savent également que de nombreuses questions sont susceptibles de surgir, même si, dans la plupart des cas, elles ne seront pas posées pour éviter toute intrusion.

Évidemment, personne ne serait heureux de créer un malaise ou d’en faire l’expérience, ce qui signifie que la plupart du temps, les personnes handicapées peuvent se sentir découragées à l’idée de se retrouver à nouveau dans ce genre de situations.

Quel est l’impact de ce découragement sur la vie sociale des personnes en situation de handicap ?

Impacts sur la vie sociale

Clairement, ce sentiment de malaise peut s’avérer très frustrant des deux côtés.

Il est plus probable que les personnes en situation de handicap renoncent à ce qu’elles feraient autrement, simplement pour éviter ce type de situations gênantes et ce sentiment désagréable de frustration.

La spontanéité laisse facilement place à l’anxiété lors des interactions sociales, favorisant l’auto-isolement dans la plupart des cas.

Dans une tentative d’empathie pour mieux comprendre de quoi nous parlons, nous pouvons essayer d’imaginer un exemple concret.

Pensons par exemple au stress que peut représenter un entretien d’embauche. Nous essaierons tous d’être au mieux de notre forme pour laisser une impression positive au recruteur et passer à l’étape suivante de l’entretien.

Et si nous prenions ce stress « normal » pour le multiplier par deux au moins ?

Des questions comme les suivantes surgissent très souvent :

« Quelle sera leur première réaction lorsqu’ils comprendront que j’ai un handicap ?

Vont-ils penser que mon handicap ralentira mon travail et donc leur entreprise ?

Comment puis-je prouver que mon handicap ne fait pas de moi un candidat moins compétent que les autres ? ».

Ces questions résultent clairement de l’attitude sociétale négative que les personnes handicapées subissent presque quotidiennement. Cependant, il convient de souligner que ce sont des questions que personne ne devrait jamais avoir à se poser, car ce type de suppositions ne pourrait être plus erroné, faux et trompeur.

Quoi qu’il en soit, attirer l’attention sur ces questions est essentiel pour comprendre à quel point certains stéréotypes et préjugés sont intériorisés, au point qu’ils ont fini par façonner non seulement les pensées des personnes valides, mais aussi celles des personnes handicapées.

Ainsi, ces questions soulignent réellement à quel point le récit concernant les personnes en situation de handicap est déformé et trompeur dans notre société.

Dès lors, on peut facilement dire que la perception qu’ont les gens de ce que signifie vivre avec un handicap influence, consciemment ou non, leur attitude envers les personnes handicapées.

Les préjugés, les stéréotypes et la stigmatisation font qu’il est souvent difficile pour une personne en situation de handicap de participer pleinement aux activités sociales quotidiennes.

Que pouvons-nous faire pour apporter un changement ?

L’attitude sociétale en tant que barrière à la vie sociale des personnes handicapées est un défi que seul un système éducatif inclusif peut relever.

Un système éducatif inclusif peut aider à dissiper de nombreux mythes entourant les personnes en situation de handicap. Les représentations erronées, les idées fausses et la désinformation sur la façon dont les personnes valides voient et pensent les personnes handicapées devraient être la cible d’un système éducatif inclusif capable de contribuer à lever de nombreuses barrières issues des attitudes sociétales.

Si nous considérons que la discrimination intentionnelle et non intentionnelle provient de la désinformation, un système éducatif inclusif peut réellement contribuer à changer la discrimination à laquelle les personnes handicapées sont confrontées.

Mais, de toute évidence, cela ne suffit pas.

Parler du handicap dans toutes les sphères de notre société est fondamental.

Il arrive encore très souvent que les gens soient mal à l’aise pour parler du handicap. De cette façon, soit ce sujet est relégué au second plan, soit nous avons tendance à lui donner une tournure indûment positive.

Malheureusement, aucune de ces deux approches n’aide notre société à s’améliorer.

Si nous voulons apporter un changement, nous devons parler du handicap. Nous devons décortiquer ce sujet et analyser tous les types de défis que le handicap entraîne.

Lorsque nous cessons de discuter des problèmes, nous cessons de les résoudre.

Lorsque nous cessons de reconnaître l’ensemble des défis auxquels les personnes handicapées sont confrontées, nous cessons de vouloir trouver une solution et d’améliorer notre société.

La sensibilisation est un pouvoir.

Si nous voulons vraiment rendre notre monde véritablement inclusif pour nous tous, la sensibilisation est une étape que nous devons tous atteindre, que nous soyons valides ou handicapés.

Il n’est possible d’atteindre cette sensibilisation que par l’information, le dialogue et le désir de changement.

Parler du handicap dans les écoles et sur les lieux de travail, combattre un récit piétiste des personnes handicapées, changer la façon dont la couverture médiatique dépeint les personnes handicapées, etc., tout cela est possible en exploitant le pouvoir de l’information.

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